dimanche 29 octobre 2017

Autumnlands

Autumnlands est un comic book écrit par Kurt Busiek et dessiné par Benjamin Dewey, qui réussit à avoir un dessin très expressif avec des personnages non-humains.

C'est une bd de science / fantasy dans un univers magique où toutes les espèces intelligentes ressemblent à des animaux rendus humanoïdes. Le style graphique assez réaliste crée un décalage qui n'a rien à voir avec des animaux anthropoïdes de cartoons.

Le monde des Automnales s'appelle ainsi parce que la Magie est en train de décliner. La société s'est stratifiée entre des Cités volantes de mages et les tribus plus primitives des plaines qui rêvent d'avoir accès aux pouvoirs magiques capitalisés par les Cités. Au début de l'histoire, une magicienne phacochère fait une expérience interdite pour retrouver dans le passé le Champion, personnage de leur mythologie qui aurait libéré la Magie aux origines. A leur grande surprise, les Mages ramènent quelqu'un qui appartient à une espèce inconnue, c'est Steven Leroyd, un être humain, très compétent et survivant d'une Guerre technologique (il semble possible qu'il soit un éclaireur d'une civilisation terrienne). Avec l'aide d'un jeune apprenti chiot Dunstan, il va tenter non seulement de survivre dans cet univers hostile en luttant contre les barbares des plaines (Bisons et Boucs) tout en retrouvant ses souvenirs sur ses vraies origines.

Certains comparaient cela à un mélange de Kamandi (un Humain seul dans un monde d'Hommes-Bêtes plus ou moins civilisés) et d'heroic fantasy. La bonne trouvaille est le technocharabia magique qui donne souvent une impression de complexité réaliste (les sortilèges ont tous un nom qui ferait penser à un théorème avec le nom de son découvreur, comme dans Jack Vance). Il réussit à donner une impression d'une discipline quasi-scientifique qui est explorée par les mages depuis des siècles.

En revanche, malgré la qualité des dessins, je suis un peu déçu. Je n'arrive pas vraiment à m'intéresser à Leroyd (bien qu'il soit moins cynique qu'il n'en donne l'air au début) et la progression d'ensemble ne m'a toujours pas captivé, peut-être à cause d'un choix d'une narration relativement lente (une douzaine d'épisodes seulement pour sortir des ruines de la Cité qui s'écrase, bien qu'on sache que ce ne soit pas un élément décisif de l'histoire ?).

Busiek me paraît toujours être quelqu'un qui a de bonnes idées mais qui ne me frappe pas vraiment comme un "conteur". Ses histoires ont des concepts plus que des aventures. J'ai l'impression qu'il ferait plus un bon concepteur d'un cadre fictif qu'un scénariste, et qu'il a donc des défauts qui seraient ceux d'un joueur de jeu de rôle par exemple. Ce n'est pas nécessairement un défaut (tout l'art de mon écrivain favori, Borges, est d'avoir joué sur cette limitation où il savait ne pas trop s'intéresser à la notion d'intrigue). Mais dans le cas de Busiek, en dehors de quelques séries émouvantes comme Astro City, je suis souvent assez peu attiré par l'intrigue qu'il tente de tisser sur ses concepts.

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