mardi 31 mars 2009

Barack le Barbare



Obama avait dit que ses comics favoris étaient Conan et Spider-Man mais il ne prévoyait sans doute pas qu'il apparaîtrait dans les deux titres dès ses premiers mois.

Il sera dans deux comics, l'un où devenu muet et privé de son Autorité Charismatique, il doit libérer la Terre d'une invasion, et l'autre, Quest for the Treasure of Stimuli, où il est un mercenaire barbare luttant contre le maléfique Cheney.



J'allais me moquer de l'Obamania, même au 56799e degré, mais je crois que je vais essayer de le trouver quand même...

Palettes : sur Kandinsky



En dehors des écrits d'iconologie classique de Panofsky ou de Baltrusaïtis, je ne connais rien à la manière de parler des œuvres, notamment contemporaines. Les élèves me demandent parfois avec cet air narquois plus que curieux ce que j'ai à dire du Bleu de Klein (rien) ou du Monochrome suprématiste de Malevitch (pas grand-chose en dehors de banalités sur l'iconoclasme). Je n'ai donc rien à répondre si ce n'est qu'il faudrait se garder à la fois du philistinisme vulgaire arrogant ("je ne comprends pas, donc cela n'a pas d'intérêt") et du philistinisme snob vaniteux de l'Empereur nu ("je ne comprends pas, donc cela doit être très profond").

Le problème est aussi que je crois à la fois que l'AC (l'Art Contemporain en tant qu'école et non en tant que période, comme diraient Philippe Domecq ou Jean Clair) n'apporte que peu de vraie contemplation et que les tentatives "réactionnaires" comme par exemple le réalisme néo-académique de l'Art Renewal Center prouvent a contrario par leur échec kitsch que l'AC n'est pas un accident historique contingent mais peut-être notre condition inévitable dans l'histoire de l'art où les oeuvres vraiment intéressantes doivent se trouver noyées dans l'absence de hiérarchisation.

Mais j'aimerais bien trouver un peu plus d'exemples pour les convaincre de ne pas rejeter si dogmatiquement tout l'art moderne comme un truc de bourgeois snobs (car le déterminisme social est désormais une arme ironique contre l'AC), sans pour autant prétendre que des gloses puissent se substituer à la satisfaction esthétique.

La série d'histoire de la peinture Palettes d'Alain Jaubert a parlé assez peu d'Art moderne.

Il y a une émission de 1994, "Figures de l'Invisible", sur ce tableau de Vassily Kandinsky, Gelb-Rot-Blau, 1925.



Jaubert en profite surtout pour évoquer toute la naissance de l'art abstrait, avec le compatriote de Kandinsky, Kazimir Malevitch, et le Hollandais Piet Mondrian.

Le tableau est réalisé en 1925 à l'époque où Kandinsky enseigne la Forme à l'école du Bauhaus et on doit voir dans l'Abstraction lyrique de ce tableau une sorte d'application de sa pédagogie dans Point, ligne, plan (1926).

Mais Jaubert rend l'application plus dynamique en y voyant au contraire une superposition contradictoire de plusieurs tensions.

Il y a à la fois la théorie contemporaine des couleurs comme dans les trois couleurs primaires par synthèse soustractive Magenta, Cyan, Jaune (ou l'ordre inversé de la Quadrichromie) mais aussi la morphologie du triangle goethéen (mais dans ce genre, je préfère de loin le tableau de William Turner 80 ans avant, Light and Colour (Goethe's Theory) (1843).

Le tableau jouerait aussi de manière synesthésique sur l'opposition entre musique et peinture, donnant un rythme, une vibration bondissante et un mouvement circulaire qui semble contredire toute classification rigide, car les contrastes font rejaillir les couleurs chaudes dans les froides. Le tableau rendrait hommage tout en les parodiant aux Croix noires suprématistes de Malevitch et aux quadrillages si austères de Mondrian, en les critiquant comme trop ascétiques dans le mouvement qui crée des foyers de chaleur. Il y a aussi une opposition (mais Jaubert ne la présente pas vraiment ainsi) entre le rectangle jaune et des formes moins géométrique du côté azur et sombre, comme une polarité apollinienne/dionysiaque. Ce foyer en conflit exprimerait alors une "intériorité spirituelle", dirait Kandinsky, et non pas seulement du Concept abstrait.

Et Jaubert va jusqu'à dire que le tableau pourrait subvertir les formes même de l'abstraction qu'il professe. L'œil ne peut pas s'empêcher de voir des formes figuratives et il y a des formes presque organiques entre un profil humain et un soleil sur le côté jaune à gauche et une forme de Serpent noir à droite.

Jaubert superpose alors de manière alors assez frappante des thèmes russes très récurrents de Saint Georges Terrassant le Dragon, dans cette forme sinueuse du Serpent. Par exemple dans ce tableau de Kandinsky intitulé Saint Georges et le Dragon de 1915.



Mais si cette figuration classique se retrouve dans la mémoire de l'iconologue et même dans le geste de Kandinsky, n'est-ce pas comme un refoulement ou un remords d'une narrativité qui est perdue dans cette simple danse tourbillonnante de formes ? Autrement dit, si c'était une part au moins de ce tableau, cela ne suggèrerait-il pas que ce n'est pas un Saint Georges si intéressant dans la décomposition en quadrillages de couleurs (comme le Sinbad de Paul Klee), de même que l'oreille retrouve parfois des rythmes très simplistes dans la musique atonale faute de pouvoir déchiffrer des structures inaudibles ?

Jaubert s'en sort par le thème moderne de l'indécidabilité, de l'Oeuvre Ouverte et de la tension contradictoire. Kandinsky critiquerait l'abstraction tout en s'y adonnant, il utiliserait une sorte de symbolisme fumeux de la théosophie tout en ayant déjà pris ses distances.

De même, son émission sur un tableau figuratif, Three figures in a room (1964, lui aussi à Beaubourg comme le tableau de Kandinsky) de Francis Bacon, ne m'a pas vraiment convaincu.

Jaubert montre bien le réseau iconologique, toutes les citations par Bacon d'anatomies classiques, des écorchés ou des statues romaines, la référence à la Mort et à l'Incarnation sans aucun Dieu, ou même le drame réel bizarre qui survient quelques années après le tableau et est repris dans le Triptych de 1973 (le modèle sur le bidet qui était l'amant de Bacon se suicide dans une position similaire). Là aussi, Jaubert réinjecte du "drame", de l'intrigue, parce que les figures de Bacon refusent tout récit. Jaubert montre qu'il y a bien "des choses à dire". Mais cela ne suffit pas à me faire aimer l'oeuvre (même si le fait de surdéterminer maintenant des Euménides du Parricide dans les organes épars me fait vraiment changer la manière de regarder).

Elections en Turquie



Le Parti AK (ce qui veut dire à la fois "Blanc" et est l'acronyme pour Adalet ve Kalkınma, "Justice et Développement", parti conservateur, libéral en économie et hostile à la laïcité) est au pouvoir depuis maintenant plus de six ans, depuis sa victoire aux législatives de 2002 (34%). L'AKP l'a largement emporté il y a deux an avec 46,6% des voix.



Comme on le voit, l'AKP (en bleu clair) est largement implanté et il ne reste plus guère à l'opposition que quelques zones principales.

Le CHP (Parti républicain, la gauche kémaliste, en bleu foncé) avait encore en 2007 les districts européens de la région de Marmara (Edirne) et la côté ionienne de la Mer Egée (Izmir, Muğla).

Le MHP d'extrême droite (14%, en vert) est aussi hostile à la politique d'ouverture de l'AKP aux Kurdes et est implanté au sud-est, à Mersin et Osmaniye.

Le DEHAP kurde malgré ses très bons scores à l'est de l'Anatolie (en rouge) n'avait pas atteint le seuil des 10% au niveau national : ils ont depuis fusionné et formé le DTP.

Le Parti musulman conservateur avait émergé en partie par le pouvoir local et il avait eu un bon score aux dernières municipales : Istanbul comme Ankara sont leur fief depuis 1994. Les élections locales du dimanche 29 mars étaient donc en partie un test pour le Premier ministre islamiste-démocrate Recep Tayyip Erdoğan.

L'AKP décline légèrement à 39% (7 points de moins qu'en 2007) mais cela le laisse à égalité avec le score additionné des deux principaux partis d'opposition de la gauche CHP et de l'extrême droite MHP.

Un des "avantages" de l'Opposition est que le plus puissant magnat de la presse Aydın Doğan, le Murdoch turc, propriétaire des plus grands journaux comme Hürriyet, est en général hostile à ce Parti conservateur qui avait essayé de briser son quasi-monopole. (Les principaux journaux prochés des Islamistes sont Zaman et Yeni Şafak.)

[Pour un équivalent à l'ouest, il faudrait donc imaginer que Lagardère lutte contre un Parti de Boutin/De Villiers au pouvoir. En passant, le souverainiste De Villiers et son MPF ont rejoint le réseau Libertas du millionnaire irlandais Declan Ganley pour les Européennes. Or Libertas est certes anti-européen et ultra-libéral mais favorable à l'entrée de la Turquie dans l'Union, peut-être par Atlantisme ou pour mieux affaiblir l'Union. ]

La carte de Wikipedia est un peu plus bariolée qu'aux seuils des législatives avec une remontée de ces divers partis d'opposition, à la fois la gauche laïque du CHP (allié au DSP socialiste), l'extrême droite turque du MHP et les Kurdes nationalistes du DTP.



Comme le dit Mithridate, l'AKP a perdu 16 provinces : Manisa, Balıkesir, Isparta, Uşak, Aydın, Adana et Osmaniye au MHP, Tekirdağ, Aydın, Antalya, Giresun et Zonguldak au CHP, Van et Siirt au DTP kurde, Sivas au BBP (extrême droite), et Yalova au DP (rival centre-droit de l'AKP).

Selon Reuters, ce score ne devrait pas gêner l'AKP avant les élections générales de 2011.

La gauche du Parti républicain remonte à 23% (ce qui le laisse quand même à 15 points derrière l'AKP). Le CHP a même failli reprendre Istanbul à 38% contre 44%. Mais ce n'est pas encore assez pour pouvoir remettre en cause l'AKP sauf si on imaginait une alliance durable de la gauche laïque et de l'extrême droite nationaliste, compromis possible dans la tradition militariste des officiers kémalistes mais dont on peut se dire qu'elle ne grandirait pas l'opposition laïque.

lundi 30 mars 2009

Son peloton de fil en main



Il vaut mieux être Thésard que Thésée

Cités de jeu de rôle





Dans les jeux de rôle, ce que j'ai toujours préféré est les aventures urbaines. Les Cités fournissent un cadre d'intrigues centrées sur les interactions sociales et non pas seulement sur des dangers de la nature ou sur des monstres. La Cité permet mieux qu'un autre environnement le retour des mêmes personnages secondaires et donc une immersion dans un contexte qui fasse illusion d'épaisseur.

La première cité de jeu de rôle fut Jakálla, une cité incluse dans Empire of Petal Throne (1976), dans le monde de Tékumel. Elle n'avait qu'une carte sans détails, et donc assez peu de particularités, en dehors de nombreuses nécropoles d'anciens monarques comme la Reine Nayári Aux Cuisses de Soie dans la Cité des Morts pour y faire des "Donjons". Mais on y a aussi mis des aventures urbaines un peu plus politiques comme A Jakállan Intrigue.

Jakálla fut vite suivie de la City-State of Invincible Overlord (dont j'ai parlé ), qu'on considère souvent comme la vraie première Cité de jeu de rôle. Elle a pour particularité d'être dirigée par un Prince "Loyal-Mauvais" comme un Potentat classique, "l'Invincible Suzerain", ce qui présupposait donc au minimum une certaine "neutralité" morale grise des personnages-joueurs pour accepter d'y servir ou tolérer le pouvoir autoritaire et sa police secrète.

Les deux villes les plus influentes de tous les mondes de fantasy furent Lankhmar dans les romans de Fritz Leiber, qui créa le cliché d'une cité très antique avec une Guilde des Voleurs et des Assassins, et Tanelorn, dans les romans de Michael Moorcock, la Cité inter-dimensionnelle au carrefour neutre entre les Mondes.

Lankhmar est directement imitée dans la Commune-Franche de Greyhawk (avec son oligarchie contrôlée par la Guilde des Voleurs) et dans presque toutes les villes de D&D (même si Waterdeep sur Faérune a une oligarchie plus "bienveillante" avec ses anonymes Seigneurs Masqués qui se choisissent par cooptation). Tanelorn fut sans doute un des modèles de Sigil, la Cité entre les Mondes de D&D, même si Sigil qui est construite sur la paroie intérieure d'un Tore au sommet d'un Cone de taille infinie a une physique plus étrange et le fait que les Dieux ne peuvent pas y entrer, ce qui en fait un bon lieu pour y demander asile.

Les Cités ont souvent un attrait particulier lorsque leurs centaines de Personnages entrent en interaction dans une campagne. Ainsi Middenheim, la cité de Warhammer, aurait relativement peu d'intérêt en dehors du schisme religieux entre le dieu local du Loup Blanc et le dieu dominant de l'Empire, mais elle devient vraiment captivante grâce à la très bonne campagne Power Behind the Throne de Carl Sargent qui fait vivre tout l'entourage politique.

Mes cités favorites :

  • Pavis : La Cité créée par Steve Perrin dans le monde de Glorantha est avant tout une gigantesque ville abandonnée derrière des Murailles Cyclopéennes construites par des Géants autour de la Rivière des Berceaux, ainsi appelée parce que les Géants y mettaient leurs nouveaux-nés. La Grande Ruine est devenue une sorte de Zoo de créatures inhumaines qui n'existent que là, avec divers quartiers en vase clos d'elfes ou de trolls, une sorte de reconstitution du monde extérieur en miniature. Tout peut arriver et l'économie autour de la Grande Ruine dans la bourgade de la Nouvelle-Pavis est fondée sur l'archéologie dans la Cité fermée. Là encore, le but était de pouvoir justifier les aventures classiques dans des tunnels ou des oubliettes, mais le lien avec l'histoire et la mythologie de Glorantha rend cet artifice plus réussi que d'habitude.



    Ce procédé de la Ville-Ruine alliant au même endroit l'aventure urbaine et le Donjon fut imité plusieurs fois. C'est le cas par exemple dans Parlainth pour Earthdawn, qui est redécouverte après des siècles d'isolement dans un autre plan. De même, la récente Ptolus dans D&D s'est développée autour d'une ancienne forteresse maléfique où avaient été enfermées des reliques maudites qui finirent par corrompre leurs gardiens, ce qui en fait un réservoir infini de MacGuffins.



  • Sanctuary / Refuge : Sanctuary, la Cité des Voleurs fut créée à l'origine par un groupe de romanciers pour y mettre leurs nouvelles en commun appelées Thieves'World (un Shared-World), puis elle fut adaptée en jeu de rôle. Une version parallèle et officieuse, Refuge, a aussi été importée dans le monde de Glorantha (voir la version que j'avais faite ).
    Refuge me paraît un peu trop banale aujourd'hui car mon critère d'une cité de jeu de rôle est qu'elle doit ne plus trop ressembler à Lankhmar, qui a déjà été faite tant de fois.
    Comme mes goûts se portent plutôt vers la High Fantasy, j'avais altéré dans ma campagne le quartier du Labyrinthe (qui est les taudis mal-famés du Vieux Quartier) en un lieu magique où on ne peut pas se retrouver sans des guides spéciaux, ce qui peut expliquer que des bandits puissent s'y cacher en toute quiétude.

  • La Cité des Merveilles : une ville dans le monde de Glorantha que des amis français avaient détaillée de manière non-officielle sur le site Kethaela.fr. La Ville du Roi-Dieu de la théocratie de Kethaela était un lieu onirique de High Fantasy avec des miracles un peu partout, notamment le cycle des rêves puisque les Pêcheurs-Aveugles pouvaient récolter les songes des habitants et les stocker. Nous y avons joué une cinquantaine d'aventures d'HeroQuest sans vraiment se lasser de ce microcosme qu'on finissait par connaître par coeur.

  • Glantri : Une cité imitée de Venise dans le second monde officiel de Basic D&D, Mystara. Glantri a beaucoup de charme, avec des canaux alimentés par de l'hydromancie des Plans élémentaires aquatiques. C'est avant tout le centre diplomatique d'une Magiocratie, avec son Université de Magie et ses divers Collèges secrets des spécialités (les Sept Arts Occultes de Glantri : Alchimie, Cryptomancie, Dracologie, Magie des Songes, Elémentalisme - lui-même divisé en quatre -, Nécromancie, "Sorcellerie" - witchcraft). Glantri est une oligarchie aristocratique avec plusieurs Maisons de Princes-Magiciens en conflit, dont des familles elfes hispanophones, des dragons camouflés ou des vampires en kilt, et des ambassadeurs de tous les pays voisins.
    Un des secrets est aussi que la Cité a été construite au-dessus de la Source de la magie dans Mystara qu'on appelle la "Radiance", et il y a toute une campagne, Wrath of the Immortals, qui porte entièrement sur cette énigme de la Radiance.
    (Je ne veux pas le gâcher, mais le Secret de ce "rayonnement" radioactif est en fait un hommage direct au tout premier scénario de Blackmoor, The Temple of the Frog, avec le même mêlange de fantasy et de science-fiction).

  • Irilian : Une cité décrite dans White Dwarf #42-47 (1983). Elle n'est pas si originale mais elle avait le mérite de décrire quartier par quartier une campagne politique ambitieuse, qui allait lancer des pogroms contre des Nains boucs-émissaires et un grand soulèvement pour l'abolition de l'esclavage.
    Irilian fut sans doute le modèle de Laelith, la cité décrite dans Casus Belli, une ville à laquelle je n'ai jamais accroché, sans doute à cause de sa religion syncrétique simplifiée en 4 éléments - mais j'aime bien l'idée que l'Empereur-Dieu de Laelith, en symbiose avec une créature extraterrestre, avait un pouvoir de Lithomancie utile pour contrôler les bâtiments de sa Citén ce qui donne envie d'ajouter un "élémentaire ou génie poliade ou urbain".

  • Throal : Une cité naine dans Earthdawn reposant sur le commerce et l'accueil de réfugiés. Il y a de bonnes intrigues autour de la famille royale assez "libérale" (ils ont aboli l'esclavage) et les vieilles oligarchies plus traditionnalistes. La ville est aussi un gigantesque Marché et a la particularité d'avoir une partie composée de quartiers souterrains. Plus intéressante que l'autre grande ville d'Earthdawn, Vivane, qui n'avait comme seule particularité de symboliser les différences sociales avec un Haut-Quartier surélevé par rapport au Bas-Quartier à l'ombre du précédent.

  • Manifest : Une cité créée pour D&D3 dans le supplément Ghostwalk pour pouvoir jouer des fantômes. La particularité est qu'elle est un lieu à la frontière entre le monde matériel et l'au-delà et qu'elle est le lieu où les fantômes peuvent continuer à se matérialiser de manière tangible. L'idée d'une ville comme "seuil" entre deux mondes me paraît toujours intéressante comme métaphore, l'idée du seuil entre la Civilisation et l'Aventure, même si c'est devenu un cliché dans beaucoup de villes fictives depuis au moins Pavis.

  • Abyme : La cité créée par l'auteur français Matthieu Gaborit et adaptée en jeu de rôle (Agone) est aussi une Cité avec des canaux. Elle est construite au-dessus de Portes vers les Abysses Infernales et elle est donc l'endroit favori des Démonologues et de leurs notaires pour y signer des Pactes avec les puissances d'En-Bas. Elle a aussi la particularité d'être dirigée par des êtres inhumains, les Gros, qui sont sans doute inspirés de la métamorphose de Léto Atréide dans God-Emperor of Dune. Les Gros passent leur temps à des festins et orgies, et ils ne peuvent se déplacer mais leur cycle de vie est lié à une salamandre empathique qui vit dans leurs "plis" et qui leur permet de savoir tout ce qui se passe dans leur ville. La Ville a aussi des Archives bibliothécaires qui gardent les Pactes infernaux avec plusieurs niveaux sous terre.



  • Hollowfaust : Une ville créée dans le monde des Terres Balafrées, sur les cendres d'une cité recouverte par un Volcan et dirigée par des Nécromanciens Loyaux-Neutres. En dehors de l'animation des cadavres, la Cité-Etat n'a rien de maléfique, ce qui donne une ambiguïté morale intéressante à cette magie (si les PJs y meurent, leur corps sera ainsi récupéré par les autorités comme serf-zombie).



    Ghelspad avait beaucoup de Cités-Etats. Mithril est une théocratie loyale-bonne construite autour d'un Golem indestructible, lieu de pélerinage. Burok Torn est une cité naine assiégée par des ennemis. Shelzar est une ville du "vice", sorte de Las Vegas de fantasy.

  • Penitence : créée dans le monde d'Oathbound: Domains of the Forge, la plus grosse cité de jeu de rôle, je crois en taille (même si en quantité d'informations, elle doit être moins décrite que Ptolus ou Waterdeep). Penitence a l'air d'être une sorte de "Purgatoire" hors du monde, une Mégalopole vieille de centaines milliers d'années et constuite sur des douzaines de kilomètres, si ancienne qu'on ne remarque même plus le sol recouvert de plusieurs centaines de mètres de ruines amoncelées les unes sur les autres. D'un point de vue réaliste et notamment en tenant compte de l'alimentation, c'est bien sûr absurde (un peu comme l'écuménopolis de la bd Les Maîtres-Cartographes), mais l'idée d'une Mégalopole fantastique avec une dimension verticale est assez poétique. Il y a une Reine immortelle au centre de Pénitence avec ses agents, des oiseaux espions, mais aussi des douzaines d'aristocrates en guerre civile perpétuelle, chacun espérant un jour pouvoir détrôner la Dame Israfel pour acquérir son immortalité. La Ville est tellement grande que chaque quartier est une métropole, certains quartiers sont des Cités Utopiques et d'autres des tyrannies abominables.
  • dimanche 29 mars 2009

    Utopies architecturales



    Chez Miszellen, des œuvres révolutionnaires d'Étienne-Louis Boullée au Siècle des Lumières et du constructiviste Yakov Chernikov.

    (cf. aussi Architectures fantastiques)

    Pourquoi la Princesse



    Sur le site Libr-critique :

    Il faut donc en finir avec La Princesse de Clèves, non en l’interdisant, mais par la dérision. Ce qu’on ne connaît pas, ce qu’on ne comprend pas, il faut en rire.

    Ainsi, d’un côté un candidat conquérant, un président soucieux de se mêler de tout, homme du mouvement, de la « réforme » ; de l’autre, un monde où les états sont immuables, où tout se pense, se vit, se dit par rapport à une tradition. Ici un roman de l’interrogation sur soi-même, en accord avec le respect des codes, un roman de la fidélité (à la mère, au mari, à soi), c’est-à-dire de la durée ; là, un personnage éruptif, qui s’emploie à casser les codes de la parole et du comportement politiques, un agité du présent qui calcule et improvise à la fois le feuilleton de ses apparitions, et confond avec cynisme sa personne et son personnage.

    Face à un roman aristocratique, c’est-à-dire vecteur de valeurs de civilisation comme l’honneur, l’héroïsme, la maîtrise de soi, un tapage de clinquant, de foucades, de velléités aussitôt métamorphosées en lois de la République.

    Kokille



    La supériorité de la presse écrite repose sur leurs éditeurs et correcteurs.

    La Longue Année de Superman



    Un peu comme ce que l'astrophysicien Roland Lehoucq avait fait dans son livre de vulgarisation D'où viennent les pouvoirs de Superman ? Physique ordinaire d'un super-héros, le physicien Matt Springer essaye de déduire la durée de révolution de la planète Krypton et arrive à une "Année" kryptonienne d'environ 70 ans terrestres (en se fondant sur des données certes assez fragiles).

    Pour comparer, Saturne a une période orbitale de 29,6 ans et Uranus a une révolution de 84,3 ans. Si Superman a éternellement "27 ans" comme le disaient les scénaristes (je le vois plutôt à la trentaine maintenant), cela le bloque à moins de 0,4 An.

    Springer dit que cela donnerait des formes de vie qui devraient résister à des saisons durant plusieurs décennies, mais cela suppose que Krypton ait une inclinaison comme la Terre.

    Mais pendant l'Âge d'Argent, une des données souvent contradictoires était que l'Année Kryptonienne n'était que légèrement plus longue que celle de la Terre à environ 1.39 Année Terrestre (cf. Superman #157, Novembre 1962, M. Fleisher, The Superman Encyclopedia, p. 130 repris dans la Encyclopedia Supermanica). Bien sûr, ces histoires incohérentes ont été oubliées aujourd'hui - il y avait même eu des épisodes qui disaient que Krypton était en fait une planète cachée dans notre système solaire, ce qui contredit bien sûr l'idée que leur étoile Rao ou Eldirao était une Géante rouge).



    Dans sa note 1, Springer inverse la blague de Kill Bill 2 ("Peter Parker se déguise en Spider-Man alors que Superman se déguise en Clark Kent") en disant qu'en réalité Kal-El est vraiment devenu Clark alors que Batman n'est plus vraiment "Bruce Wayne". Il a raison pour le Superman actuel et pour celui de l'Âge d'Or où l'identité kryptonienne est très réduite par rapport à l'identité américaine. Dans l'Âge d'argent, Superman était avant tout un Marrane Kryptonien (chacun sait que Kal-El/Cllark Kent est un juif assimilé chez les WASPs du Kansas), un Exilé plein de nostalgie et seulement de manière secondaire un Terrien ou un Américain (il était même très cosmopolite).

    samedi 28 mars 2009

    Moments, Momentum & Monuments



    Tim a un très bon article de critique sur l'évolution des superhéros depuis les années 90-2000. Il explique notamment comment les meilleurs comics après Alan Moore (et notamment après ses deux histoires de Superman For the Man Who Has Everything et Whatever Happened to the Man of Tomorrow?) se sont un peu figés dans une esthétique qu'il appelle "momentisme" : chercher à synthétiser les meilleurs moments d'un personnage et les rejouer avec le plus de densité. Cela décrit très bien à la fois Busiek ou Morrison mais aussi Geoff Johns, dont les histoires ont aussi cet air de synthèse récapitulative.

    Cela crée un cycle de "momentisme" presque académique et de déconstruction ironique, puis de réaction néo-classique.


    Every good superhero comic, after Watchmen, had to be about superhero comics. Everything was "deconstructed", up to and including the most plebian examples from the contemporary scene. Kurt Busiek's Avengers was about creating the Platonic ideal of an Avengers comic, a reaction to the disrepair into which many of the company's flagship franchises had fallen by the late 90s. Brian Michael Bendis' New Avengers is a comic that is very explicitely intended to mark a clean break with the "old school" Avengers style - it's a superhero team book with the mannerisms and dialogue tics of an HBO crime drama. Bendis' Mighty Avengers was an attempt by him to write an "old school" Avengers book while simultaneously maintaining many of the faux-naturalistic narrative techniques he'd previously utilized for New; Dan Slott's Mighty Avengers is a neoclassical reaction to Bendis' New, an extremely mannered and deliberate return to the franchise's most elemental form. To a degree this self-referentially becomes self-parody, and nowhere is this more obvious than the readers themselves, who (like myself) see trends and metatext hiding behind every bullrush, long past the point of absurdity. But this is the market and this is the creative climate we've built for ourselves.

    Hyperspéculation virtuelle



    J'avais cru que Charles Stross exagérait dans son roman cyberpunk Halting State quand il imaginait une convertibilité entre monnaies virtuelles et monnaies réelles qui finissait par transformer les mondes virtuels en de nouvelles nations émettant monnaie (avec une économie entièrement basées sur le "cyber-tourisme").

    Mais je vois via Second Life Herald et Ars Technica qu'un monde-casino en ligne suédois, MindArk va devenir une Banque réelle.

    Le jeu Entropia de MindArk (où on joue des colons sur une autre planète) a en effet une conversion possible de son Dollar, le "PED" et du $ réel. Le jeu a aussi été choisi contre SecondLife pour se développer en Chine (où EVE Online est déjà très implanté) où on attend plusieurs millions de joueurs.

    Un jour, on pourra se demander quelle part des PIB ou de l'inflation est altérée dans ces cyberbanques et s'il faut des CDS doublement virtuels.

    Paratextes & Récits Parasites




    Une des cultures Internet que j'ai du mal à comprendre pour l'instant est la FF (Fan-Fiction), cette prolifération incroyable de textes écrits par des fans autour de fictions dites "canoniques".

    Jon Elster parlait dans Making Sense of Marx d'une dystopie marxienne inversant la rareté et la division idéologique du travail où tout le monde serait tellement productif que plus personne n'aurait intérêt à devenir consommateur. Tous auteurs mais sans aucun lecteur, tous poètes mais plus aucun critique. On a du mal à imaginer la quantité que la Fanfic représente : les sites de fanfic sur Harry Potter sont de véritables communautés politiques, des cités qui ont des douzaines de milliers de fan-auteurs avec des centaines de milliers de nouvelles, pastiches et continuations. Harry Potter n'existe que depuis une douzaine d'années mais à ce rythme il rivalisera vite dans les paratextes avec la Matière de Bretagne (même si on peut douter pour l'instant qu'émerge un aède comme Chrétien de Troyes ou un Thomas Malory).

    Le fan(atique) est déjà considéré comme un cas d'aliénation culturelle depuis au moins Don Quichotte mais l'auteur de fanfic est souvent déprécié à double titre par les auteurs de fiction en tant que parasite et par les fans de la fiction originelle en tant que profanateur de l'intention de l'auteur (la fanfic est née originellement de fantasmes sexuels, les fanfics comme les Tijuana Bibles étaient des versions surtout pornographiques de l'oeuvre dans sa continuation). En un sens, la fanfic est une dimension du déclin général de "l'Autorité" dans la culture, qui va avec une poétique (que Lubomir Doležel appellerait "paracosmique" ou "hétérocosmique") où l'Auteur n'est plus qu'une perspective possible sur un Monde Possible et non plus un Créateur : en esthétique comme en métaphysique, nous sommes dans une monadologie sans Dieu.

    Il est toujours amusant qu'on parle de "Canon" ou de "Bible" pour les textes originels car le fanfic a une dimension d'herméneutique critique où on sélectionne et révise le Canon comme les interprètes peuvent reprendre les Ecritures. Le processus devient plus complexe car une Fanfic peut ensuite instaurer une sous-continuité d'un nouveau Canon, un Fanon et donc toute Fanfic est aussi une source potentielle d'un nouveau sous-Canon pour une Fanfic de degré supérieur.

    La fanfic est clairement une forme de "mythe", peut-être encore plus nettement que ce qu'on appelle un "mythe" contemporain. Le mythe se distingue d'un autre récit non pas seulement parce qu'il a une fonction de rite (ce qu'on retrouve plutôt dans le jeu de rôle ou dans le cosplay) mais aussi parce qu'il produit des Variantes (Lévi-Strauss : un mythe est l'ensemble de ses variantes). Il partage avec le mythe une négation de l'Autorité dans la multiplication des versions et un certain anonymat (même si certains auteurs de fanfic atteignent une renommée à l'intérieur des communautés de fanfic et deviennent à leur tour des "BNF", Big Name Fans, qui engendrent alors des fanfics spécifiques mutant leurs propres versions de la fiction originelle.)

    Les Auteurs et ayant-droits ne peuvent même plus décider de la "Canonicité" qui devient plus diffuse, répartie dans la population des fans, certains décidant de faire sécession sur certains points du Canon qu'il juge inadmissibles.

    Il arrivera sans doute un jour à nouveau ce que Gérard Genette analysait dans Palimpsestes pour la Continuation Roland Furieux évinçant Boiardo, une fanfic éclipsant l'oeuvre "canonique" - même si elle risque de se perdre dans la masse des fanfics souvent de qualité médiocre (voir pourtant en un sens Watchmen comme reprise/suppression des héros Charlton).

    Henry Jenkins a écrit il y a dix ans un livre sur la culture des fans, Textual Poachers: Television Fans and Participatory Culture, où il explique que le fanfic est une forme dans la culture populaire de compensation pour le fait que les nouveaux mythes produits sont protégés par des droits de copyright et par des corporations (de même que le jeu de rôle réinvestit l'oralité autour d'un nouveau foyer). Jenkins utilise l'expression "braconniers textuels" à partir de Michel de Certeau, L'invention du quotidien, 1980.

    Jenkins cite de nombreuses continuations comme celles d'Arcadia de Philip Sidney au XVIe siècle (ce n'est pas un hasard si ensuite le post-moderne Tom Stoppard, l'auteur du post-moderne Rosencrantz & Guildenstern Are Dead - voir aussi le nouveau film d'horreur parodie de la parodie Rosencrantz & Guildensten Are Undead -, a aussi fait une Arcadia). Il y a une dimension aussi de Gender car une large majorité des auteurs de Fanfics sont des femmes et c'était déjà vrai pour Arcadia.

    Le philosophe analytique Peter Ludlow (Toronto) a eu un parcours particulier puisqu'après avoir publié des textes de philosophie de la linguistique dans une lignée austère chomskyenne, il se consacre aussi à une poétique sur les mondes persistants en ligne comme SecondLife - il avait créé une sorte de presse dans le monde de SimsOnline qui le fit censurer et chasser des Sims quand il fit trop parler de lui dans son blog collectif Alphaville Herald.

    Ludlow a sur le site slovène de Nova Gorica (le plus souvent zizekien) une vidéo de conférence sur la sémantique de la fanfic.

    Ludlow propose d'amender le modèle dit "contrefactuel" de sémantique de David Lewis dans son article "Truth In Fiction". Lewis avait proposé de lire un énoncé de type "ϕ est vrai dans la fiction F" comme "ϕ est énoncé dans F et/ou ϕ serait vrai dans tout monde possible proche de ce que le public de F pouvait croire si ce n'était pas exclu explicitement dans F".

    Ludlow veut rendre compte à la fois du fait que plusieurs normes (ensembles de croyances acceptables) peuvent se créer (le Canon mais aussi ensuite plusieurs hiérarchies de Fanon avec une fanfic enchassée dans une autre et admettant l'une des ramifications de ses réinterprétations du Canon), mais que tout ne peut pas s'admettre pour autant (il y a bien une norme qui exclut des continuations jugées plus parodiques ou ratées). "ϕ est vrai dans FF" signifie donc maintenant à peu près "ϕ est énoncé dans FF et/ou ϕ serait accepté dans tout monde possible dans une extension permissible du Canon selon un ensemble de normes".

    jeudi 26 mars 2009

    Big Numbers +1



    Alan Moore est le plus grand scénariste de bande dessinée de tout le monde occidental mais il a parfois laissé certaines séries inachevées.

    En 1990, donc quatre ans après Watchmen et juste après Shadowplay, son allégorie documentaire sur l'affaire Iran-Contra, Alan Moore préparait une bd qui devait être un roman réaliste et son chef d'oeuvre pynchonien sur la condition de l'homme moderne, le capitalisme et la structure des mathématiques, Big Numbers, dessinées par Bill Sienkiewicz (en un style bien plus mesuré et plus photoréaliste que d'habitude d'ailleurs, ce qui décontenança ses fans).

    Deux numéros sur 12 furent publiés par une maison fondée par Moore, Mad Love, qui fit faillite ensuite, ce qui détruisit toute chance de jamais avoir la fin. Cet arrêt laisse un début assez frustrant et insatisfaisant. C'est plus linéaire et reposé que Watchmen mais où on ne devine pas bien quel usage Moore voulait faire de la métaphore mathématique sur les Fractals (la bd devait s'appeler originellement "Mandelbrot Sets" et on a oublié à quel point Mandelbrot était présent dans la littérature populaire à cette époque).

    Le rêve d'un dénouement à Big Numbers restera à jamais un Graal inaccessible, Moore a dit qu'il laissait le script de côté et ne le finirait jamais avec un autre artiste.

    Par hasard, Glycon, un collectionneur de Moore (qui porte le nom du Dieu-Serpent adoré par Moore) vient d'acheter des crayonnés sur eBay dont il dit que ce serait une version du mythique Big Numbers #3, jamais publié et dont il livre les planches. C'est dessiné par le jeune Al Columbia qui devait remplacer Sienkiewicz mais ne put jamais achever le reste.

    DSK en 2012



    Claude Guéant, l'Eminence Grise de l'Elysée, avec une totale et exemplaire bonne foi disait que DSK serait trop associé "à l'argent" et "aux riches" en 2012. Heureusement que ce risque ne pourrait concerner l'humble Président, qui a su rester si simple dans ses méditations presque puritaines - on se souvient de sa retraite pour entrer dans la fonction dans un couvent, et de son refus de hausse de salaire, du fait qu'il paye ses pauvres pélerinages, de son mépris pour ces tentations de ce monde auxquelles il a su renoncer dans une retenue quasiment franciscaine.

    Ce soir, DSK était interrogé par Chabot, surtout sur la Crise financière bien entendu mais il passait déjà du FMI à sa future candidature. Chabot soulevait le fait que sa distance par rapport à Paris serait un obstacle.

    Je ne vois en effet aucun autre problème du tout qui puisse menacer un jour l'exercice d'une campagne. On se demande quels dossiers d'un équivalent d'un nouveau Yves Bertrand le Président pourrait bien chercher à utiliser.

    Pour la MNEF, il y a eu un non-lieu. Le chapitre entier dans Sexus Politicus où une journaliste de Libé avait failli porter plainte pour harcèlement ? Non, c'est sans doute une affaire privée.

    Add. DSK (21h56) : "Il n'y a pas d'état de nature où on soit naturellement bon. Tout le monde a besoin qu'on le contraigne à accepter de règles de base de la société." (il parlait des banquiers et spéculateurs)

    Trucs à la télé



    Je crois qu'on doit remarquer que j'ai vraiment beaucoup de copies ennuyeuses que je n'arrive pas à corriger aujourd'hui...

  • Ma série favorite en ce moment est le sitcom The Big Bang Theory, même si c'est un peu répétitif. Les dialogues de Sheldon Cooper, le summum de la Geekitude, anormalement longs et élaborés, interprétés avec ce ton de gravité d'un Vulcain Asperger, sont vraiment irrésistibles.

    Comme dans le premier épisode :

    Penny: I'm a Sagittarius which probably tells you way more than you need to know...

    Sheldon: Yes... it tells us that you participate in the mass cultural delusion that the sun's apparent position relevant to arbitrarily defined constellations at the time of your birth somehow affects your personality.


  • Je suis un peu ambivalent sur La Journée de la Jupe. Film de propagande laïque et républicaine qui brosse donc plutôt mes propres préjugés laïcards d'enseignant vers mes penchants effrayés par la montée du Communautarisme Obsessionnel dans le Jamel's Comedy Club (si vous avez déjà vu ces sketchs tous fondés sur les clichés ethno-confessionnels, vous voyez ce que je veux dire). Il y a même un côté presque cathartique, et donc pas entièrement sain, sur un film où le prof tire sur un élève brutal ou lui donne un coup de tête, en se moquant de son goût pour le sport. Adjani ne se ménage pas et est très convaincante (même si son cours sur Molière me paraît peu intéressant puisqu'elle lit la bio dans les classiques Garnier).

    Cependant, malgré l'humour de Podalydés, il y a quand même une certaine lourdeur. Le film a du culot, personne ne prétend le contraire et de ce côté-là, c'est vraiment le contraire d'Entre Les Murs et sa prétendue absence de discours qui se se contentait de constater une sorte d'hypocrisie généralisée du système et des enseignants eux-mêmes (Cantet résumait le film en disant qu'il montrait seulement l'écart entre plusieurs discours comme le discours républicain et une pratique où l'école ne pouvait absolument pas être sanctuarisée vis-à-vis du reste de la société).

    Il y a une franchise brutale devant ce qu'on voudrait soi-même dénier (un peu comme le malaise qu'on ressent quand on lit les bd de Riad Sattouf comme La Vie des jeunes).

    Mais l'addition du racketteur et des Tournantes risque de faire accumulation de clichés (sans vouloir jouer les négationnistes mucchielliens). De même, fallait-il vraiment que le personnage de Podalydès gère une rupture personnelle en plus de sa prise d'otage ?

    SPOILER
    SPOILER
    Et on a l'impression d'un retournement facile quand le personnage, dont on craint que son républicanisme soit en fait vraiment une forme de discrimination larvée, s'avère elle-même un "modèle d'intégration". Cela explique que le scénario ne sache pas comment résoudre l'intrigue sans tragédie pour éviter ce qui aurait sinon ressemblé à une irréaliste happy end trop aisée.

    Cela dit, certaines des phrases qui font un peu mal dans la dénonciation du système risquent de tomber assez juste, comme l'indifférence désabusée et cynique du Principal (Jacky Berroyer) qui dit bien qu'il cherche avant tout à ne pas faire de vagues, en se contentant des "tarés qu'on connaît déjà".

    Il y a certains échanges que j'ai vraiment eus (notamment la scène où un jeune élève dit qu'il n'a pas à accepter la laïcité comme les fêtes du calendrier suivent les fêtes chrétiennes comme Noël).

  • Le show de Will Ferrell sur HBO sur la Présidence Bush m'a un peu déçu. Un idiot hypocrite et tout puissant a une valeur comique mais je ne trouve pas qu'ils aient vraiment réussi à toujours choisir les angles les plus drôles, en dehors de la superstition un peu infantile (mais Ferrell a déjà fait ces mêmes gags dans son Talladega Nights: The Ballad of Ricky Bobby qui se moquait des valeurs de NASCAR).

  • La carte des séries US si vous voulez savoir ce qui se passe où. LA et New York, comme on pouvait s'y attendre, loin devant les autres mais il y a quand même quelques séries un peu partout.

  • J'aimais beaucoup TV Tropes, qui classait les clichés des fictions populaires souvent de manière ingénieuse. Hélas, c'est édité par des otakus qui ont noyé toutes les références avec des centaines de dessins animés japonais qui rendent la lecture vraiment moins amusante que par le passé. L'intérêt de ces références est qu'elles soient "communes" alors qu'elles sont au contraire très opaques.
  • Wegener après Darwin



    Ah, l'Etat du Texas, toujours à l'avant-garde dans la Grande Guerilla Patriotique contre le Senscommunisme


    The Texas Board of Education is considering other amendments casting doubt on well-established ideas in the earth and space sciences -- plate tectonics, radioactive decay and how the solar system developed.


    Tant mieux, on commençait à se lasser de se réduire à l'Intelligent Design. La Fixité des Plaques (et peut-être l'orogénése provoquée par Satan ?) ou le fait qu'il est évident que les Luminaires célestes dirigent tous leur lumière vers le Centre de la Création sont bien plus intéressants.

    Ah, c'est donc à cela que sert Twitter



    Twittgenstein touite tout le Tractatus (via).

    Non, ça n'aide pas vraiment en fait.

    Bachmann, seule face à l'Univers



    Bachmann dépose un projet de loi contre l'abolition du Dollar.

    Le risque d'un Fiat-Thaler Supra-essentiel de TrantorCoruscant convertible uniquement en éléments transuraniens est en effet une des questions les plus essentielles de la Crise actuelle. Heureusement que la Représentante de St-Cloud, Minnesota, nous protège de cet Imperium qui voudrait sans doute mettre Mammon à la place de In God We Trust. Et là, ces Moulins à Vent ! Ils vont nous piétiner !

    C'est une chose de poser une question de retardée fondée sur un malentendu, mais ensuite n'a-t-elle pas des conseillers pour lui dire d'arrêter son seppuku public ?

    Elle ne s'est entourée que de gens aussi insensés qu'elle, qui suivent uniquement le monde parallèle de Fox News où Barack Hussein Stalin reçoit ses ordres du Complot Vénérable des Illuminés Islamogay Cylons ?

    Add.
    Cole : Also, I think we need a bill banning the sale of Georgia, California, Iowa, and New York to the Germans.

    C'est vrai, on ne sait jamais.

    Verbal



    C'est une des tentatives de damage controls les plus brillantes que j'ai jamais vue, si on vit du moins sur Bizarro Earth.

    Steele: If I do something, there's a reason for it. Even, it may look like a mistake, a gaffe. There is a rationale, there's a logic behind it.

    Lemon: There's a rationale behind Rush, all that stuff?

    Steele: Yup. Yup.

    Lemon: You want to share it with us?

    Steele: It helps me understand my position on the chess board. It helps me understand, you know, where the enemy camp is and where those who are inside the tent are.

    Lemon: It's all strategic?

    Steele: It's all strategic.


    Woooooooooooooo, MON DIEU, il est NAPOLEON !

    Steele est Don Diego de la Vega !

    Steele est Clark Kent !

    Steele est Roger "Verbal" Kint dans Usual Suspects.

    Il a l'air d'être un nul ridicule, dépassé par les événements mais en fait c'est UNE STRATEGIE pour détourner l'attention !

    Steele a un QI qui n'est pas exprimable dans N.

    Il ne feint pas d'en être l'artisan, il est le CERVEAU génial, le manipulateur secret de toutes les intrigues derrière toutes les gaffes et les renoncements par des subterfuges rubegoldbergiens insondables pour nous-autres pauvres êtres limités.

    Mais Michael Steele aura le dernier mot face au monde.


    C'est STRATEGIQUE !

    Steele est ce putain de DIABLE de KEYSER SOZE, LES MECS !!!!

    STEELE EST FANTOMAS !





    PS : En passant, vous ne trouvez pas que Slumdog Millionnaire aurait été mieux avec un retournement à la Usual Suspects ?

    Ouï-dire autour des Cours



  • Une stratégie rhétorique dont j'abuse parfois comme d'autres est d'inverser des références historiques, par exemple en disant que tel critique républicain américain a un rapport "jdanovien" à la culture en voulant censurer les oeuvres jugées trop anti-conservatrices. Cette figure facile était favorisée par le "néo-conservatisme" avec ses origines complexes chez d'anciens trotskistes comme les Kristol, et le ton "révolutionnaire" qu'utilisent parfois les Conservateurs.

    Mais après avoir entendu à la radio un chef d'entreprise dénoncer le "nouveau maccarthysme" de ceux qui veulent interdire les parachutes dorés ou les bonus d'entreprises ayant reçu de l'argent de l'Etat, je fais le voeu de ne plus jouer à ça. Un paradoxe usé devient vite fatigant.

    Et je limiterai le mot "fascisme" à Fini, ou à Glenn Beck, pour ne plus le vider de son sens.

  • Christine Kelly (ancienne journaliste de LCI, groupe TF1, elle a un site web de fans) a publié une biographie de François Fillon, elle est nommée au CSA en janvier dernier par Gérard Larcher (je ne suis pas abonné à @rrêt-sur-images mais ils en avaient parlé, en se demandant si sa bio de Fillon avait aidé). Comme elle est d'origine guadeloupéenne et qu'elle aurait plu à Badinguet pour un exposé sur les DOM, la rumeur la pressent maintenant au Gouvernement (mais peut-être pas aux DOM-TOM justement parce que ce serait trop prévisible). On peut toujours faire confiance à ce Gouvernement pour gagner les campagnes médiatiques pour changer le sujet.

    Sans vouloir être désagréable envers Kelly (car après tout, elle ne pourrait être que meilleure que le motodidacte Christian Estrosi, qui disait que l'Outremer ne rapportait rien politiquement pour ses électeurs, ou même ce pauvre Yves Jégo, plus préoccupé de Montereau-Fault-Yonne), ce n'est sans doute pas à Audrey Pulvar de France 3, qui a critiqué courageusement et publiquement les réformes actuelles du service public à la télévision qu'on proposerait cela.

    Cela évoquerait presque l'Administration Bush qui nommait des personnalités de Fox News comme Tony Snow - si ce n'est que Murdoch/Ailes servait Bush/Cheney alors que Badinguet sert souvent Bouygues.

  • En novembre 2005, la philosophe Monique Canto (dite MCS) avait été nommée par Jacques Chirac Directrice de l'Ecole normale supérieure pour un mandat de 5 ans (contre le physicien Gabriel Ruget, qui se représentait pour son second quinquennat). Cela avait déclenché une longue crise à l'ENS surtout auprès de certains Départements littéraires en novembre 2006-février 2007 (à l'époque j'en avais parlé un peu dans un ancien blog et reçu quelques trolls très agressifs avec menaces physiques envoyées d'un IP de l'Ecole polytechnique).

    Des Directeurs de Département avaient démissionné, des pétitions d'anciens Directeurs demandant son départ avaient circulé, et finalement MCS avait complètement gagné, faute de combattants.

    La reconduction approche et curieusement, les relations s'inverseraient. En effet, le directeur-adjoint des sciences, le physicien Y. Guldner serait (d'après une rumeur) devenu un rival potentiel de MCS pour le prochain quinquennat. Certaines des factions anti-MCS jugeraient que Guldner, par son soutien plus enthousiaste aux réformes universitaires actuelles, serait finalement pire que MCS, devenue un moindre mal.

    En plus, MCS, qui était proche de DSK ou peut-être Bockel, mais qui a aussi eu une fonction très claire de "pot de fleur intello" dans une émission d'Elkabach sur Public Sénat, n'a peut-être plus beaucoup de relais dans la Cour actuelle (en dehors d'Alexandre Adler), alors qu'elle avait su cultiver l'amitié de Bernadette Chirac.

  • Champignons & Dents de Dragon





    Hobbes, fondateur des principes modernes de l'individualisme possessif et précurseur dans son atomisme des formes plus subtiles d'individualisme méthodologique :

    Let us return again to the state of nature, and consider men as if but even now sprung out of the earth, and suddainly (like Mushromes) come to full maturity without all kind of engagement to each other.

    De Cive (1651), 8, 1

    Cadmos, l'homme-chtonien (représenté après sa mort avec une queue ophidienne avec son épouse Harmonie) fondateur de La Cité qui deviendra ensuite Thèbes, dans Métamorphoses III :

    "Mais tandis que Cadmus promène ses regards sur le redoutable ennemi qu'il vient de terrasser, une voix invisible fait entendre ces mots : "Pourquoi, fils d'Agénor, regardes-tu ce serpent qui vient de tomber sous tes coups ? Toi-même un jour tu seras serpent comme lui ". À ces paroles menaçantes le héros pâlit; la terreur lui a ravi l'usage de ses sens, et ses cheveux hérissés se dressent sur sa tête.

    Mais Pallas, qui le protège, descend de l'Olympe à travers les airs; elle s'offre à ses yeux, et lui ordonne d'enfouir dans la terre entrouverte les dents du dragon, qui seront la semence d'un peuple nouveau. Cadmus obéit; il trace de longs sillons; il y jette ces semences terribles; et soudain, ô prodige incroyable ! la terre commence à se mouvoir. Bientôt le fer des lances et des javelots perce à travers les sillons; puis paraissent des casques d'airain ornés d'aigrettes de diverses couleurs; puis des épaules, des corps, des bras chargés de redoutables traits; enfin s'élève et croit une moisson de guerriers. Ainsi, tandis qu'on les déploie, se montrent à nos yeux les décorations du théâtre. On aperçoit d'abord la tête des personnages, et successivement les autres parties de leur corps, jusqu'à ce que leurs pieds semblent toucher la terre.

    À la vue de ces nouveaux ennemis, Cadmus étonné se disposait à combattre : "Arrête, s'écrie un de ces enfants de la terre, et ne te mêle point dans nos sanglantes querelles". Il dit, et plonge son fer dans le sein d'un de ses frères, et tombe lui-même percé d'un trait mortel. Celui qui l'a frappé succombe au même instant, et perd la vie qu'il venait de recevoir. Une égale fureur anime cette nouvelle race de guerriers. Tour à tour assassins et victimes, détruits aussitôt qu'enfantés, par eux la terre est abreuvée du sang de ses enfants. Il n'en restait que cinq, lorsque l'un d'eux, Échion, par l'ordre de Pallas, jette ses armes, réclame la foi de ses frères, donne et reçoit les gages de la paix; et compagnons des travaux de Cadmus, ils bâtissent avec lui la ville ordonnée par Apollon."


    Les Cinq Spartoï (Hommes-Semés) survivants seront "Echion, Udeus, Chthonius, Hyperenor et Pelorus", et j'imagine que certaines familles thébaines prétendaient en descendre.

    Le paradoxographe rationaliste Palaiphatos a une version évhémeriste dans ses Histoires incroyables qui explique que sans doute Cadmus a tué le tyran nommé Dracon (c'est la même version dans l'opéra de Lully) et que les Spartoi sont des amis de Dracon qui se sont dispersés "en emportant avec eux des défenses d'éléphants" (son exégèse a une touchante naïveté dans son souci de tout expliquer).

    En un sens, les fonctions de l'Homme-Champignon de Hobbes et de l'Homme-Graine-de-Dragon du mythe ont pourtant un sens opposé : le Myconien est en fait un atome errant qui pousse par génération spontanée, émerge un peu de nulle part, se lie aux autres par des pactes accidentels d'intérêt mutuel bien compris alors que le Draconide est avant tout enraciné dans un Statut plus que par tout Contrat. Le Champignon est une "île" alors que les ivoires organiques du Dragon sont bien territorialisés.

    Mais le combat des Spartoï (issus d'Arès) joue aussi le rôle abstrait d'une sorte de théorie des jeux où il y a compétition et élimination avant que ne puisse apparaître un nouvel équilibre.

    D'un point de vue dumézilien, il y a aussi un ordre curieux dans les Trois Fonctions : Cadmos obtient la Souveraineté (Première Fonction) en tuant le Fils d'Arès (Seconde Fonction) et il sème (Troisième Fonction) les dents qui fournissent une classe de Guerriers qui s'entretuent (Seconde Fonction) et abreuvent la Terre de leur sang sacrificiel jusqu'à ce qu'ils reconnaissent sa Souveraineté (Première Fonction).

    Claude Lévi-Strauss l'a aussi analysé comme une structure antinomique de l'Inceste et du Parricide, de l'Autochtonie et de la Famille, si thébaine : Cadmus veut reprendre sa soeur Europe à Zeus (excès familial), il arrive par immigration (non-autochtonie), il sème (autochtonie), produit des frères qui s'entretuent (déficit familial), il renaîtra sous forme ophidienne comme annoncé par la voix disant qu'il deviendrait serpent (autochtonie).

    Nul n'écoute Cassandre





    Connaissez-vous Byron Dorgan ?

    Sénateur démocrate du minuscule Dakota du Nord depuis maintenant 17 ans ? Le hasard des prédictions en fait un devin étrangement prescient, même sur le délai.

    Voilà ce qu'il déclarait il y a dix ans en 1999 au moment où le Congrès républicain fit passer la dérégulation des Banques réclamée par les milieux d'affaires, et avec le consentement de l'administration Clinton finissante :


    "I think we will look back in 10 years' time and say we should not have done this but we did because we forgot the lessons of the past, and that that which is true in the 1930's is true in 2010,'' said Senator Byron L. Dorgan, Democrat of North Dakota. ''I wasn't around during the 1930's or the debate over Glass-Steagall. But I was here in the early 1980's when it was decided to allow the expansion of savings and loans. We have now decided in the name of modernization to forget the lessons of the past, of safety and of soundness.''


    Monsieur Dorgan est peut-être tombé juste par une simple coïncidence mais c'est impressionnant et cela conduit toujours à ce doute : était-il plus chanceux ou seulement plus sérieux et lucide dans son idée que les idées de 1930 pouvaient avoir un sens pour les théories plus raffinées de 2000 ?

    Le Gramm-Leach-Bliley Act de 1999, loi du Sénateur Phil Gramm (le conseiller économique de John McCain) abrogea certaines parties du Glass-Steagall Act de 1933, qui avait été justement mis en place par l'Administration Roosevelt à cause de la Crise de 1929.

    Les effets furent entre autres de permettre aux grandes banques commerciales et d'investissement ou les groupes d'assurances de fusionner, créant d'immenses groupes qui se retrouvèrent curieusement avec des ailes de géant qui les empêchent de marcher. La mise en concurrence accrue de ces grands groupes comme Lehman ou CitiGroup conduisit à une sorte de course aux armements financiers dans les investissements hasardeux.

    D'un autre côté, les défenseurs de la Loi de Gramm (je ne veux pas l'appeler "GLB", acronyme qui a d'autres usages) répondent que l'absence de ces régulations en Europe n'avait pas eu ces effets toxiques.

    La question de la grande crise de 2008 est en partie controversée mais il semble que la dérégulation put jouer un rôle pour développer la masse des Credit Default Swap (CDS, dérivés sur événement de crédit), les fameux contrats d'assurances sur des crédits financiers qui ont encore plus répandu les effets de contagion des actifs toxiques (voir Matt Taibbi).

    Dans son splendide article sur la saga de Joseph Cassano d'AIGFP, Matt Taibbi a une formule hyperbolique dont il a le secret sur la Loi de Gramm :


    Cassano's outrageous gamble wouldn't have been possible had he not had the good fortune to take over AIGFP just as Sen. Phil Gramm — a grinning, laissez-faire ideologue from Texas — had finished engineering the most dramatic deregulation of the financial industry since Emperor Hien Tsung invented paper money in 806 A.D.


    Le problème ne fut qu'aggravé ensuite par une autre loi soutenue par le même Phil Gramm, le Commodity Futures Modernization Act (2000) qui permettait aux produits financiers bancaires de ne plus être régulés comme les autres contrats à terme.

    On retrouve le débat entre la gauche et la droite des Démocrates sur ce sujet, comme pour le plan Geithner. Krugman et Stiglitz pensent que la Loi de Phil Gramm facilita la crise alors que Brad DeLong (ou Bill Clinton) pense que c'est discutable et qu'elle put atténuer certains aspects après coup en permettant aux Banques comme Bank of America de racheter Merril-Lynch. Cet argument me paraît fragile car il ne contredit pas l'idée que la Loi put causer la crise, tout en facilitant certaines manoeuvres pour lutter contre certaines faillites ensuite.

    Kevin Drum défend la Loi de Gramm en disant qu'après tout l'assureur AIG aurait été ruiné par les CDS même sans cette dérégulation, et qu'on est donc un peu dans un cas de "post hoc, ergo propter hoc" (confondre succession et causalité). La bulle immobilière aurait pu avoir lieu sans la Loi de Gramm mais les problèmes d'AIG n'ont-ils pas été eux causés par un système général d'explosion des loteries financières sur la bulle immobilière ?

    Add. Yglesias a un jugement plus subtile, disant que Dorgan était bien prophétique mais pas pour les raisons évidentes de prime abord : il avait raison de dénoncer un ensemble de croyances irrationnelles qui ont favorisé la Crise, même s'il serait trop simple de dire que parce que sa prédiction sur les effets de la dérégulation s'est réalisée, elle était donc rétroactivement exacte.

    Voilà une interview de Dorgan : "Ce n'était pas une Boule de Cristal, ce n'était que du Sens commun". Il rappelle aussi que 8 Sénateurs seulement sur 100 votèrent Non contre la Loi de Gramm.

    mercredi 25 mars 2009

    "Concrétistes"



    Cet article de Bakchich (voir aussi RFI pour un ton plus neutre) sur les élections locales au Sénégal semble être une bonne nouvelle.

    Quoi qu'on pense du Président Abdoulaye Wade (au pouvoir depuis 9 ans, réélu en 2007), la défaite de son parti aux élections locales (y compris aux municipales de Dakar, où se présentait l'héritier présomptif Karim Wade, ci-contre) montrerait que le Sénégal a encore des contre-pouvoirs. Il faut dire qu'il y avait contre le PDS au pouvoir une vaste fédération de l'Opposition (y compris des anciens proches des Wade) dans la coalition Benno Siggil Senegal (34 partis politiques). Dakar a 19 communes d'arrondissement et le maire sortant Pape Diop (également Président du Sénat) en a perdu 15 à l'opposition.

    Cela pourrait rendre l'élection de 2012 un peu plus ouverte - à moins que l'Opposition ne soit comme notre PS et ne s'installe dans une gestion locale faute de pouvoir battre le Président au niveau national. Abdoulaye Wade aura 86 ans en 2012 et Karim Wade 44 ans.

    Le mouvement du Fils, Karim Wade, Génération du Concret, (la précédente devait être dans les idéalités) est surnommé les "Concrétistes", ce qui paraît finalement un peu abstrait comme terme pour le pragmatisme (surtout qu'en métaphysique analytique des modalités, le "concrétisme" est au contraire la thèse selon laquelle les autres mondes possibles ont le même statut ontologique que le monde actuel).

    Une Etoile (d'Anti-Matière) est Née



    Lors des élections à la Chambre des Représentants de novembre dernier, on a entendu parler de Michele Bachmann, représentante depuis novembre 2006 du 6e dictrict du Minnesota (centre au nord de Saint-Paul, fief républicain dans un Etat où 5 circonscriptions sur 8 sont Démocrates).

    La Chambre des Représentants a souvent plusieurs débiles (Eric Cantor), mais Bachmann est vraiment un bon symbole de ce qu'est devenu le Parti républicain américain après des années de Reagan, Limbaugh et Rove : des prétentions idéologiques, hyperlibérale en économie (elle a été cohérente et voté Non à tous les plans de sauvetage, même sous Bush), hyperthéocratique évangéliste dans les questions sociales (elle a voulu faire interdire Aladdin de Walt Disney comme trop occulte), un nationalisme de milicien paranoïaque, une véritable contre-culture du homeschooling en sécession avec le reste de la société (elle commença sa carrière dans la première école privée sous contrat qu'elle quitta quand elle la considéra comme insuffisamment religieuse), et en résumé complètement dingue.

    Je ne parle même pas de son analyse où elle expliquait que les émeutes en France étaient causées par Al-Jazeera et le socialisme (le lien approuve avec enthousiasme).

    Elle avait déjà dénoncé pendant la campagne présidentielle les Démocrates comme "anti-patriotiques" et demandé une commission d'enquête sur le candidat Obama, ce qui fait que même son Parti n'osait plus la soutenir et ne subventionnait plus sa campagne (elle a quand même gagné à trois points - 46,4% contre 43,4% pour le Démocrate Elwyn Tinkleberg). Voir ces autres propos complètement sans lien avec la réalité.

    Bachmann a depuis appelé dans une radio de droite les Américains à prendre les armes contre les taxes sur le pétrole et contre les politiques environnementales pour faire une révolution si nécessaire en faveur du droit à polluer.


    "I want people in Minnesota armed and dangerous on this issue of the energy tax because we need to fight back. Thomas Jefferson told us ‘having a revolution every now and then is a good thing,’ and the people – we the people – are going to have to fight back hard if we’re not going to lose our country. And I think this has the potential of changing the dynamic of freedom forever in the United States.”


    Voir Michele Bachmann citer Jefferson, qui même deux siècles avant et malgré tous ses défauts, serait à son extrême gauche, en dit long sur son inculture totale.

    Le chroniqueur d'extrême droite Glenn Beck (et ses jérémiades contre le Bolchévisme d'Obama) serait drôle si Bachmann n'était pas son exact représentant à l'intérieur de l'Assemblée de la plus grande puissance de notre planète.

    Comme le rappelle hilzoy, Bachmann a gravement exigé que le Gouvernement américain s'engage à ne pas renoncer au Dollar.

    Après avoir ramassé leur machoire, ils ont promis.

    La cause de ce délire est que certains Etats comme la Chine demandent que la monnaie de réserve du FMI ne soit plus uniquement le Dollar (les DTS du FMI reposant sur plusieurs monnaies, à l'heure actuelle environ 65% des réserves mondiales sont en Dollar et 25% en Euro). Les paranoïaques déments et ignorants de Fox News et des radios de droite ont changé cela dans l'idée qu'un complot mondialiste allait imposer une nouvelle monnaie globale. Obama a encore dû se justifier hier pendant sa conférence de presse en rassurant Fox News que Non, il n'y avait pas de plan d'abolir le Dollar.

    Cette vidéo de TPM montre trois débats où les interlocuteurs de Bachmann la regardent avec cet air médusé et tétanisé devant l'ampleur de sa folie et les défauts d'une démocratie où une telle tarée peut se faire réélire.

    Dans l'ordre, on la voit d'abord face au Secrétaire au Trésor Geithner, puis face à son adversaire malheureux démocrate El Tinklenberg lors des législatives au Minnesota et enfin la dernière discussion sur Sarah Palin la met face à James Carville, le conseiller de Hillary Clinton pendant les Primaires.



    Bachmann/Palin 2012 !

    Add.

    Wow, ça y est, l'hystérie républicaine sur le complot de Monnaie Mondiale semble "avoir des jambes" comme on dit, au lieu de dépérir dans l'embarras en rougissant. La vidéo a tous les dingues à la fois, Bachmann, le fasciste Glenn Beck qui pleure qu'Obama tue l'Amérique et John "Sam Le Pirate" Bolton (l'ambassadeur de Bush à l'ONU qui souhaitait que l'ONU soit rasée et que du sel soit jeté dans les ruines).

    mardi 24 mars 2009

    Geithnerophobie IV : Vers la Solution Suédoise ?



    Merci à Markss pour ses explications. Je continue à paraphraser les messages que je lis sur le programme de sauvetage comme une sorte d'exercice pour savoir si un citoyen ignorant peut à peu près réussir à suivre ces domaines devenus tellement complexes de finances et économie politique qu'on a l'impression de ne pouvoir saisir que des métaphores approximatives.

    Wall Street a bien aimé le Plan Geithner et a monté hier, mais il reste à voir pour combien de temps.

    Richard Bernstein, de Bank of America (qui était déjà critique au début et dont on a appris aujourd'hui que cet ancien stratège de Merril-Lynch racheté par Bank of America devait la quitter après 20 ans chez eux), me semble prouver que les pessimistes comme Krugman ont raison contre le Plan Geithner et que la Nationalisation deviendra indispensable.


    Investors should sell bank stocks after they rallied 12 percent today because the Treasury Department’s plan to buy toxic assets won’t stop profits from dropping, Bank of America Corp.’s Richard Bernstein said.

    Removing devalued loans and securities from banks’ balance sheets is a short-term solution that will delay the problem’s ultimate solution, which is bank takeovers, Bernstein said. The government won’t be able to inflate the prices banks receive for selling bad assets indefinitely, he added.

    “The history of bubbles shows quite well that financial sector consolidation is inevitable,” Bernstein, Bank of America’s chief investment strategist, wrote in a research note. “Financial stocks will be attractive when the government tries to speed up that inevitable process. However, to the contrary, the government continues to attempt to stymie that inevitable consolidation.”


    Bank of America est retombé de plus de 7% ce matin.

    En revanche, on peut se demander si l'Administration résiste à la Nationalisation des Banques (la "Solution Suédoise") par idéologie, pour ne pas choquer Wall Street (déjà peu favorable au plan de stimulus d'Obama), ou bien par un choix stratégique pour la faire admettre plus facilement ensuite.

    Un des détails amusants est que le Plan a été développé à l'origine par des Investisseurs comme Warren Buffett et Bill Gross.

    Felix Salmon expliquait hier que le plan a deux parties, de rachat des actifs (qui est plus difficile parce qu'il demande la surveillance du budget du fond du TARP) et un endettement en se servant de la Caisse des dépots de la FDIC pour effet de levier, si j'ai bien compris (somme qui vient donc s'ajouter aux fonds que le Gouvernement devra demander au Congrès). Il ajoute aujourd'hui que l'ajout des fonds d'investissements alternatifs dans le programme mixte public/privé ("PPIP") ne remplira pas bien sa fonction de distinguer les prix de bons actifs des actifs "contaminés" parce que les investisseurs n'ont pas nécessairement les moyens pour le savoir mais en plus ils ont peu d'incitations à le faire s'ils ont peu de risques (ils peuvent faire un profit même en payant trop, parce que Geithner veut pousser les Banques à remettre ces actifs en vente aux Investisseurs).

    Le Prix Nobel Joseph Stieglitz dit que c'est un mauvais plan, qui revient à voler les contribuables et à faire plaisir à quelques investisseurs qui en profiteront. Il ajoute aussi (mais c'est plus vaste que le plan Geithner) qu'il faut que le FMI se serve de ses Droits de Tirage Spéciaux pour ne plus dépendre seulement du Dollar américain (ce qui fait penser à la question débile de cette folle ultra-réac de Michelle Bachmann, R-Minnesota, à Geithner et Bernanke quand elle exige qu'ils s'engagent à ne pas renoncer au Dollar).

    James Surowiecki défend le Plan Geithner après DeLong en disant que (1) la Nationalisation coûterait vraiment trop cher et (2) poserait surtout des problèmes politiques en étant trop difficile à faire accepter. Geithner n'aura tort que si la valeur des actifs toxiques est encore pire que dans ses prédictions.

    John Heileman (New York Mag) explique les racines de la Geithnerophobie. Obama a hésité entre le Clintonien Larry Summers, Geithner (ancien protégé de Summers) et l'ancien de la FED Paul Volcker. Summers avait le désavantage principal d'être un peu discrédité sur sa remarque sur le manque de prédisposition génétique des femmes pour les sciences quand il dirigeait Harvard (il avait dû démissionner). Volcker était âgé (mais cela aurait pu aussi rassurer, même si son nom est aussi associé à la Récession de la fin des années Carter). Le relativement "jeune" Tim Geithner (48 ans) fut donc choisi bien qu'Obama le connaisse peu et les Obamiens se méfièrent vite de quelqu'un qui avait travaillé avec Paulson et Bernanke. Ensuite, il commit une erreur de communication fatale en changeant son plan au dernier moment, ce qui rendit son discours du 10 février trop vague et maladroit, ce que ne fit qu'accentuer sa faiblesse rhétorique. Mais cela n'empêche que selon les témoignages, Obama redoute trop les incertitudes politiques de l'option de la Nationalisation. Il doit donc concilier le populisme "progressiste" (devant une opinion choquée par AIG) et les élites de Wall Street qui risquent de lui être hostiles. D'où le Plan Geither et son partenariat privé-public complexe comme compromis.

    Matt Taibbi (sans doute le meilleur styliste sur ce sujet) décrit les événements en prenant l'histoire d'AIG comme un cas représentatif. Il raconte un cas amusant où les plus grandes Banques américaines furent menacées par l'Union européenne de plus de régulations mais détournèrent l'attention en faisant créer par l'Administration une commission fantôme censée les surveiller et qui ne les inspecta jamais (ce qui désarma aussitôt les velléités de régulations par l'UE). Puis il parle de Geithner avec plus d'acrimonie comme un vendu digne de Paulson.

    Geithner even refloated a Paulson proposal to use TALF, one of the Fed's new facilities, to essentially lend cheap money to hedge funds to invest in troubled banks while practically guaranteeing them enormous profits.

    God knows exactly what this does for the taxpayer, but hedge-fund managers sure love the idea. Strangely, there aren't many people who don't run hedge funds who have expressed anything like that kind of enthusiasm for Geithner's ideas.

    lundi 23 mars 2009

    Geithnerophobie III : Oeufs Pourris dans le Même Panier



    Une des raisons pour lesquelles le Plan Geithner veut des fonds d'investisseurs dans son programme de rachat des actifs "pourris" ("troubled assets" ou "legacy assets" comme dit l'euphémisme en Langue de Bois) est pour permettre une certaine mise en concurrence.

    Le problème est en effet que nul ne sait vraiment ce que valent ces actifs en quarantaine ? Sont-ils sous-évalués à cause la Crise ? Surévalués à cause de la "contamination" toxique ?

    Lucian Bebchuck (Droit & Finance, Harvard) disait il y a un mois que ce partenariat privé-public était nécessaire (voir aussi l'article dans Forbes, PDF). La concurrence entre investisseurs privés doit permettre dans un phénomène de mise aux enchères pour que le gouvernement ne dépense pas de manière excessive dans ce rachat. On introduit une dose de rationalité du marché pour rééquilibrer la Main trop visible du TARP. Les fonds spéculatifs misant leur argent éviteraient ainsi qu'Oncle Sam ne s'égare trop dans son rachat massif (même si une large majorité des fonds viendrait bien du Gouvernement). Il conseille en revanche de bloquer un peu ces fonds investis par le privé pour éviter trop de volatilité irrationnelle.

    Le problème que relevait James Kwak le mois dernier est que le Marché sera faussé parce que Oncle Sam ne pourra convaincre les Investisseurs de ce risque sans des garanties qui minimisent le risque du privé. On ne collectivise que les risques et on privatise une part des gains.

    Kwak ajoutait la semaine dernière plus d'explications. Le plan suppose que (1) les Investisseurs privés sont prêts à payer assez pour que les banques vendent ces actifs, (2) que l'économie se redresse et (3) que les actifs arrivent à une valeur supérieure à ce qui a été payé, et ainsi (4) PROFIT! l'enrichissement des Investisseurs profite à tous. Mais rien n'interdit de croire que dès l'étape (1) les banques mettent des prix surévaluées que les fonds refusent, ce qui poussera donc le TALF à accepter de surpayer des actifs pourris pour débloquer.

    De même, hilzoy explique que c'est un pari inconscient car le Gouvernement aura alors besoin d'attirer avant tout des Investisseurs qui connaissent déjà bien ce secteur (et donc sont des causes de la Crise) par des avantages abusifs pour faire remonter artificiellement pour un temps ces actifs sans redonner vraiment de la confiance.

    Le Blogueur représentant la défense de l'Administration, Brad DeLong (qui dit qu'il est le seul avec Lucian Bebchuck à croire au Plan Geithner) résume l'opposition avec les critiques de Paul Krugman ainsi :

    (1) DeLong pense que ce Plan est mieux que rien. Krugman pense que cela aggrave la situation.
    (2) DeLong pense qu'Obama doit essayer d'autres solutions avant d'adopter un plan beaucoup plus coûteux et difficile comme une gigantesque Nationalisation. Krugman pense que c'est nécessaire et que plus le Plan modéré retarde cela, moins la Nationalisation a de chance d'avoir lieu.
    (3) DeLong pense que les actifs sont vraisemblablement sous-évalués en raison de la Crise de confiance. Krugman pense que les actifs sont vraisemblablement très pourris et donc qu'ils pourraient s'avérer toujours dangereux.

    DJW répond à DeLong qu'un argument pour dire que ces actifs sont en fait surévalués est que les cours de l'immobilier vont continuer à baisser jusqu'au niveau d'avant la Bulle.

    Yglesias rétorque que la baisse de la valeur des maisons ne signifie pas que les actifs dépendant de produits dérivés sur les assurances sur les hypothèques vont eux-mêmes en souffrir. DeLong reconnaît dans les commentaires que si la confiance ne revenait pas, une action plus drastique de nationalisation deviendrait bien nécessaire, mais que cela dépasserait de toute manière ce qu'il est possible politiquement de faire pour l'instant (ce qui est son point 2 plus haut).


    Add.


    Je crois comprendre que pour James Galbraith, il faut surtout faire un EXAMEN INDEPENDANT DES PRETS. Oui, en majuscules.

    Ezra Klein énumère plusieurs raisons (qu'il juge insuffisantes) pour lesquelles le Plan Geithner introduit ces 20% d'investisseurs privés. Il faut un peu d'évaluation des prix extérieures, il faut des gestionnaires qui ne soient pas directement du FDIC et ce Plan est fait pour plaire à Wall Street.